10 anecdotes que vous ne connaissiez (sûrement) pas sur la galette des rois

6 janv. 2022

Il est des traditions culinaires auxquelles on ne déroge pas… La semaine aux saveurs de la frangipane a sonné ! La galette des rois, ce gâteau à pâte feuilletée a traversé l’histoire jusqu’à devenir une vraie tradition. Trouvez la fève et vous serez couronnés ! Mais connaissez-vous les traditions que ce gâteau d’or a emportées avec lui durant toutes ces années ?

Pour les plus gourmands, prenez une part et dégustez tout en  découvrant ces 10 anecdotes et traditions liées à la célèbre galette des rois !

#1 L’origine de la galette des rois : l'esclave devenu roi

Les saturnales (crédit photo : wikipedia.org)

Tout comme un bon nombre de fêtes et traditions qui perdurent dans le temps, c’est dans une fête païenne et chez les romains qu’il faut aller chercher les origines de la galette des rois. Les romains célébraient les saturnales, une fête se déroulant sur quelques jours au mois de décembre. Pendant cette célébration, les maîtres et esclaves se rassemblaient autour d’une même table pour manger ce gâteau à forme ronde et de couleur dorée symbolisant le soleil.

L’esclave qui tombait sur la fève (une pièce d’or) était désigné comme roi pour une journée et disposait du pouvoir d’exaucer tous ses désirs avant d’être mis à mort (s'il y était condamné) ou plus probablement de retourner à sa vie servile. Cette tradition permettait de resserrer les affections domestiques.

#2 Le plus jeune sous la table

crédit photo : aleteia.org)

Beaucoup connaissent l’utilisation des enfants pour distribuer les parts, mais savez-vous pourquoi un enfant ? Pour que cette tradition soit juste, il était décrété qu’un enfant, soit un innocent, choisisse les parts qui seraient attribuées. Lors des saturnales, chez les romains, les enfants ne représentent pas seulement l’insouciance, il y a une signification plus mystique à ce choix. L’innocence juvénile en faisait des petits êtres considérés comme de véritables oracles d’Apollon ! Le choix de la récompense était donc assimilé à un message divin.

#3 C’est quoi l’Epiphanie ?

Le Gâteau des rois, Jean-Baptiste Greuze 1774 (crédit photo : histoire-image.org)

Étymologiquement, le mot vient du grec et peut être traduit par « apparition », c’est l’apparition de l’enfant Jésus. Elle se réfère à l’arrivée des trois Rois Mages, Balthazar, Melchior et Gaspard 12 jours après la naissance de Jésus-Christ.

En réalité, la notion d'épiphanie s'est retrouvée au fil des années dans différentes fêtes : dans la fête de la lumière sous l'antiquité, dans les fêtes romaines jusqu’à ce que l’église française s’approprie cette célébration païenne au XIVe siècle.

Dans certains pays, la célébration de la fête est reportée au deuxième dimanche après Noël pour permettre aux gens de célébrer la fête dans les cas où ils doivent travailler le 6 janvier comme en France et en Belgique. En Espagne, la célébration de l'Épiphanie est particulièrement importante, c’est donc un jour férié, pareil pour la Suède !

Le Gâteau des rois de Jean-Baptiste Greuze est conservé au Musée Fabre à Montpellier.

#4 Une part pour le pauvre…

Représentation montrant une petite fille donnant à un pauvre une part de la galette (crédit photo : nice-provence.info)

Avec l’apparition de la fête de l’Epiphanie, le rituel change partiellement et l’on décide de diviser la galette en parties égales au nombre d’invités en laissant une part supplémentaire. Cette partie est appelée la « part du pauvre », « part du bon Dieu » ou « part de la Vierge » pour l’offrir au premier mendiant venant frapper à la porte. Dans la même idée, il y avait la « part des absents » pour le fils parti à la guerre ou le père pêcheur qui n’était pas encore rentré. La part était conservée précieusement jusqu’à leur retour.

#5 Le Roi paye sa tournée !

Le Roi boit ! Jacob Jordaens, 1640

Connaissiez-vous la coutume du Roi boit ? Au XIVe siècle, celui qui tombait sur la fève devait payer un coup à boire à tous les invités. De ce fait, certains préféraient avaler la fève plutôt que de payer la note. On raconte que c’est pour éviter cette entourloupe que la fève de haricot fut remplacée par une figurine en porcelaine au milieu du XVIIIe siècle pour qu’elle soit impossible à avaler, et que personne ne puisse tricher !

Le Roi boit de Jacob Jordaens est conservée à Bruxelles au Musées royaux des beaux-arts.

#6 De la fève légumineuse à la porcelaine

(crédit photo : blog.green-yoga.fr)

À l’origine, dans l’Antiquité, la légumineuse a été choisie pour être cachée dans la galette car elle est le symbole du Solstice d’hiver, c’est le premier légume à pousser de la saison. Possédant un embryon, elle représente alors la fécondité et la renaissance. Au départ, la fève était une pièce d’or pour les plus riches, puis un haricot blanc pour les plus pauvres. Jusqu’à la Révolution, les petites fèves en porcelaine représentaient systématiquement Jésus. Aujourd’hui elle peut prendre des couleurs et formes toutes aussi variées qu’insolites !

Pour l’anecdote, le collectionneur de fèves de galette des rois est appelé un fabophile, rare ou des séries entières, le collectionneur souhaite en posséder le maximum possible ! Si vous souhaitez en savoir plus sur les collections de fèves et sur l’histoire de ce petit trésor, découvrez le Musée de la Fève et de la Crèche et traditions populaires !

#7 Une galanterie à la Louis XIII

Louis XIII (1601-1643) (crédit photo : chateauversailles.fr)

À l’époque de Louis XIII, les dames de la cour dégustaient la galette, si l’une d’entre elles tirait la fève, cette dernière pouvait devenir «  Reine d’un jour ». Louis XIV, beaucoup moins galant, décida d’abolir cette tradition.

#8 Et la couronne d'où elle vient ?

crédit photo : pleinevie.fr

Quand vous achetez une galette des rois, aujourd’hui, ces dernières sont pratiquement toutes vendues avec leur petite couronne afin de décorer le chanceux qui tombera sur la fève. A contrario, dans le passé, la couronne ne trônait pas sur la tête du gagnant, elle était faite de plomb et d’étain, sur laquelle était gravé le nom des trois rois mages. Le présent était ensuite donné aux voyageurs et pèlerins leur accordant une protection des patrons : Melchior, Gaspard et Balthazar. Cette tradition a disparu lors de la Révolution.

#9 Et alors, à l’heure de la Révolution ?

crédit photo : unsansculotte.wordpress.com

À la Révolution, à bat la royauté ! Il était devenu impensable d’élire un Roi. Certains ont tenté d’abolir cette fête, sans succès.

En revanche, la coutume du partage de la galette est restée mais elle change d’appellation pour devenir le gâteau de la « liberté » ou de « l’égalité ». Le roi perd alors sa couronne pour être remplacé par un bonnet phrygien, tout comme la fève en porcelaine qui se transforme en bonnet phrygien, symbole de la Révolution Française. Depuis Valéry Giscard d’Estaing, c’est sur ce modèle que la galette des rois est fêtée à l’Élysée.

#10 Pas le même nom, pas les mêmes recettes !

La galette des rois à la frangipane est la plus consommée en France, mais il existe de nombreuses variantes. Il est d'ailleurs important de noter que les boulangers et pâtissiers se sont longtemps disputés la fabrication de ce met, ils ont fini par régler leurs comptes en allant jusqu’en justice pendant le règne de François 1er. Ce dernier accorda la fabrication des galettes aux pâtissiers.

Bien que ne connaisse pas réellement l’origine même de cette pâtisserie, la notion de partage quant à elle a toujours été liée à cette tradition.

Au Danemark, une amande est cachée dans une grande portion de riz bouilli. Mais nul besoin de sortir de la France, pour trouver des gâteaux différents ! Chez nos amis les sudistes, c’est le Gâteau des rois qui est le plus répandu, elle est appelée également « parisienne ». C’est une brioche en forme de couronne et parfumée à la fleur d’oranger, fourrée et recouverte de fruits confits. Mais il existe d’autres variations régionales, Pogne dans le Dauphiné, garfou en Gascogne, Dreykönigskuchen en Alsace, galette des rois en Île-de-France... Mêlant saveurs chocolatées, briochée, à la frangipane, aux fruits ou à la compote, la recette possède tant de diversités que de surnoms, il y en a pour tous les goûts !

Nous vous souhaitons un très bon moment de partage autour de la galette des rois, et l'équipe Henoo vous souhaite bonne chance pour tomber sur la fève !


sources :

labelleassiette.fr
petitsfrenchies.com
soirmag.lesoir.be
ilvasodipandoro.com
wikipedia.org
Pratiks - Histoire et origines de la Galette des rois pour l'épiphanie (Youtube)

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